Rejoignez la flibuste et sillonnez les océans d'Azeroth à bord du Ronae !
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Souvenirs confus et diffus...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Caiomhe

avatar

Messages : 166
Date d'inscription : 06/12/2010

MessageSujet: Souvenirs confus et diffus...   Sam 19 Mar - 16:42

Cela aurait été tellement plus simple de pouvoir la détester...

C'était une salle froide, immense, qui baignait dans la pénombre. Tout semblait trop grand, la jeune fille avait la sensation de devoir s'engager dans une vraie mission d'exploration pour simplement plonger sa fourchette dans l'assiette et attraper quelques petits pois. Un écrasante table en orme présidait, elle était assise, seule, prenant son diner à la lueur de quelques bougies et chandeliers à la dimension ridicule par rapport à la taille de cette salle à manger. Caiomhe frissonna, il faisait froid, et les petites flammèches vertes n'y feraient rien. Elle déposa sa fourchette dans un écho qui retentit à travers tout le manoir.
"Tu ne finis pas ton assiette, ma chérie ?"

La jolie Elfe leva les yeux sur sa mère qui venait de se matérialiser comme par miracle. Une très belle femme dont elle avait hérité la chevelure et les yeux.
"Il y en a beaucoup trop, mère", chuchota Caiomhe.
Un sourire affectueux se dessina sur le visage de la femme alors qu'elle s'asseyait à côté de sa fille. Elle avait toujours été ainsi, tellement douce et gentille. Il était impossible de la détester, malgré tout ce qu'elle pouvait bien faire...
"Pourquoi ne veux-tu plus m'appeler maman ? C'est parce que tu es une grande fille maintenant ?"
"Elam dit qu'une jeune fille de mon rang ne doit pas utiliser un langage populaire."

Alivia laissa échapper un léger rire: "Le protocole n'a pas de raison d'être, nous sommes juste toutes les deux", puis son ton se fit plus inquiet, "Tu manges très peu en ce moment, je m'inquiète tu sais. Pour devenir une grande mage, tu dois bien te nourrir."
La jeune fille haussa des épaules.
"Tu as bien travaillé tes leçons ?"
Caiomhe haussa une nouvelle fois des épaules: "Les exercices sont trop faciles."

La maîtresse de maison demeura silencieuse un instant, caressant avec un amour maternel profond la joue de sa fille.
"Ma très chère Caiomhe... tu es tellement talentueuse... Mais aussi tellement fainéante. La magie est aussi faite de patience, de pratique, tu dois répéter sans cesse les mêmes mouvements, les mêmes mots, les mêmes pratiques, encore et encore, jusqu'à ce qu'ils soient parfaits. Comme la musique. Mais en musique, le pire est de faire une fausse note. Tu sais ce qui arrive aux mages qui font des fausses notes..."
La jeune Elfe ne répondit pas et baissa le regard.
"Caiomhe, parfois je me demande si je ne devrais pas durcir ton éducation. Les magisters travaillent très durs, être doué ne suffit pas. Ton père et moi te couvons peut-être un peu trop."

La réaction ne se fit pas attendre cette fois-ci...
"Maman, pour mon anniversaire papa m'a offert un grimoire appelé -De l'étude des Innommables- en me disant que maintenant j'étais une grande fille et qu'il était très fier de moi."
"Ton père n'a pas toujours bon gout mais..."
"Papa est un tordu ! Ce livre est interdit par le clergé de la Lumière ET le Kirin Tor !"
"Une jeune fille bien élevée ne parle pas ainsi de son géniteur. Oui, il est excentrique, c'est ce qui m'a attirée chez lui. Il a une étrange manière de te le montrer, mais il t'aime profondément et tout ce qu'il veut, c'est que tu deviennes quelqu'un, et que tu sois heureuse."

Caiomhe se leva vivement et croisa les bras en tournant le dos à sa mère. Elle ne savait pas quoi répondre, Alivia disait la vérité... Pourtant ce ne pouvait pas être normal. Rien de tout ceci ne pouvait être normal. Nul part elle n'avait lu où entendu qu'une famille normale était comme ça.
"Ma chérie...", soupira la matrone Sparklight, "Cela briserait le cœur de ton père s'il apprenait que tu n'as pas aimé son cadeau... Tu feras un effort d'accord ? Il a donné énormément pour ton frère et toi..."
Les épaules de Caiomhe s'effacèrent à l'instant même où Alivia posa les mains dessus, la jeune fille ne savait pas s'opposer à sa mère... Elle était tellement douce et gentille, il était insupportable de la voir triste ou déçue.
"Bien m'man..."
"Tant que nous y sommes... j'ai entendu dire que tu avais une nouvelle petite amie..."

La jeune fille fit un bond et volte-face, elle tourna au rouge de la tête aux pieds.
"Comment t... euh... non...", essaya-t-elle de mentir.
"Allons, ma chérie, est-ce que c'est parce que c'est une demoiselle que cela te gène autant ? Nous avons tous eut nos passades un peu coquine avec des jeunes filles ou un accident avec une succube..."
"Maman ! J'avais aucune envie de savoir ça !"
"Tu sais, je suis un peu préoccupée... Cette jeune fille est une pirate... C'est très dangereux comme vie, et les gens vont parler, ça te fera du tort..."
"Nous nous aimons !"
"Oui ma chérie, j'en suis certaine... Leylee est très probablement une jeune fille adorable... mais c'est une bourgeoise et une criminelle."

Caiomhe croisa les bras à nouveau et détourna le regard alors que sa mère s'approchait d'elle à nouveau.
"Ça ne change rien..."
"Bien sûr que non, ma chérie. Je ne te séparerai jamais de la personne que tu aimes... mais je veux que tu fasses attention à ne pas avoir le cœur brisé. Vous venez de mondes très différents et tu pourrais perdre tous tes rêves en la suivant. Que se passera-t-il quand tu grandiras, voudra fonder un foyer et avoir des enfants ?"
La jeune fille ne répondit rien, sa mère lui caressa les cheveux.
"Profites de ce que vous avez en ce moment mais ne prend aucune décision que tu pourrais regretter... Promets-le moi."
"Promis m'man..."
"Tu me parleras d'elle ?"
"Si tu veux..."
"Je t'aime Caiomhe."
"Je t'aime aussi m'man..."

Elle enlaça longuement sa mère, elle venait de comprendre que cette conversation n'avait pas réellement lieu. Elle ne devait rencontrer Leylee que bien des années après la mort de ses parents.
"Que serais-tu prête à sacrifier pour elle, ma chérie ?"
Sa voix était différente... Caiomhe rouvrit les yeux, relâcha son étreinte et fit un pas en arrière. Elle ne pouvait plus voir les murs de la pièce. Sur la table étaient alignés des corps exsangues... Elle les reconnu bientôt. Eliaris, Theira, Terpsy et bien d'autres, tout l'équipage. Sa mère était toujours ici mais n'inspirait plus la même chose.
"Ton amie a besoin de toi..."
Maintenant elle pouvait la voir, une Addaa crucifiée en bout de table. Était-ce l'un de ces rêves induits par elle ? Caiomhe lui en voudrait énormément si c'était le cas... mais non, elle avait apprit à les reconnaître ces rêves grand-guignolesques, tout ceci était trop subtil et trop insidieux pour venir d'Addaa... C'était une création de son propre esprit.

"Pourquoi tu as si peur ? Ce n'est pourtant pas grand chose", susurra la voix désormais méconnaissable de sa mère.
"Cesse d'utiliser l'apparence de ma mère... elle.. elle..."
"... était monstrueuse. Tout comme moi."
"Non !"
Un léger rire... un léger rire que Caiomhe connaissait si bien. "Est-ce pour cela que tu m'affectionnais tant Caiomhe ? Car par certains côtés, je te rappelais ta tendre maman ?"
"Tu n'es plus dans ma tête Nebiras, tu ne devrais plus être ici..."
"Les souvenirs ne partiront jamais ma chère apprentie. Tu me rends rarement visite, tu me manques tu sais..."

La jeune fille tourna les talons, cherchant une sortie.
"Tu ne peux pas te fuir toi-même. La culpabilité sera toujours là. Tu sais que tu es égoïste, tu ne veux pas sauver ton amie juste pour te protéger."
"C'est faux ! Je sais qu'ils croient tous ça mais c'est faux. Ils ne savent pas... Ils ne comprennent pas... Ils croient que c'est comme n'importe quel exécution, n'importe quel combat... Mais c'est différent, c'est très différent. Moi je sais, j'ai vu comment ça se passait, et personne ne veut m'écouter !"
"Les Trolls font ça depuis très longtemps..."
"Et ça leur a réussi ! Les Trolls connaissent la corruption aussi bien que nous, nombre de leurs prêtres et sorcier-docteurs deviennent des fous sanguinaires ! Ils ne sont pas immunisés, le fait que certains pratiquent encore les sacrifices humains n'est pas une preuve qu'ils sont moins graves que le reste, juste que chaque peuple a trouvé sa propre manière de céder à la corruption et que certains sont trop arriérés pour en interdire la pratique. Et le fait que les Sin'dorei sont tout aussi abrutis avec le démonisme n'est pas une excuses."

Nebiras écarta les bras, pour évoquer son incompréhension.
"Je les protèges ! Je les protèges en essayant de les convaincre de ne pas faire ce qu'ils veulent faire ! Je ne veux pas qu'ils passent par ce que j'ai du traverser !"
"Et Addaa ? Tu vas abandonner son âme ?"
"Je chercherai une autre solution mais s'il le faut je la laisserais ! Elle n'avait aucun droit de nous embarquer là dedans, de nous forcer à faire une chose pareille, c'était égoïste, irresponsable ! Elle sait ce que j'ai vécu, elle sait les tentations que je dois combattre, comment une amie peut-elle imposer une chose pareille ?!"

La liche fit quelques pas vers Caiomhe. Cette elfe mort-vivante avait été au centre de tant de problèmes, de tant de souffrances... Son souvenir hantait encore la jeune femme à l'occasion. Le regard laiteux de la créature lui faisait toujours aussi peur...
"Et si c'était Leylee...?"
La jeune mage recula vivement alors que Nebiras continuait à avancer sur elle. Elle trébucha sur quelque chose et s'étala au sol. Encore un peu sonnée... Elle découvrit avec horreur le corps de Leylee, alongée, exsangue comme les autres.
"C'est juste un rêve... calme-toi Caiomhe... juste un rêve..."
"Elle mourra un jour, ma chèrie...", lui dit une voix douce et pleine de compassion...

Alivia était agenouillée à côté d'elle, passant doucement ses bras autour de ses épaules.
"Que feras-tu alors ?"
"Rien... je... ne sais pas..."
Caiomhe se mit à sangloter en regardant le corps sans vie de Leylee, incapable de bouger, de réfléchir, vide de sens... Acceptant mollement le réconfort d'un baiser maternel dans les cheveux.
"Tu pourrais la ramener... Tu en as le pouvoir, ma chérie..."
"Non... C'est mal. Tu sais parfaitement où ça va mener. Et Leylee ne me pardonnerait jamais."
"Mais tu ne peux pas vivre sans elle... tu te laisses dépérir, tu ne manges plus... Regarde comme tu es maigres ma chérie... Je t'apprendrai comment la garder malgré tout, laisse-moi faire et elle restera auprès de toi..."
"Tu... tu pourrais faire ça ? Mais je croyais que... nous étions trop différentes, elle et moi..."
"Tout ce qui compte pour moi, c'est que tu sois heureuse ma très chère Caiomhe..."

Un long silence régna, la jeune Elfe ne savait quoi dire, rongée par le doute, à nouveau perdue dans les limbes de son rêve.
"Pourquoi faut-il que tu sois si adorable maman...? Pourquoi tu ne peux pas me laisser te détester...?"
"Ne dis pas de sottises, ma chérie. Viens avec moi, ramenons ta chère et tendre du néant... Et après nous prendrons un bon thé chaud toutes les trois."
"C'est de la nécromancie maman..."
"Oh, bien sûr que non, nous ne voulons pas ramener un cadavre animé, nous voulons aussi son âme. Je vais demander à ton frère d'aller chercher un de nos invités. Papa se chargera de négocier avec le démon", expliqua Alivia d'une voix rassurante en essuyant les larmes de sa fille, "Allez, fini le gros chagrin, tout va bien se passer, ma chérie."

Caiomhe avait abandonné le combat, elle resta blotti contre sa mère alors qu'elle se levait.
"Et les autres ?"
"Tes petits amis du Ronae ? Cela va faire énormément de sang, il va falloir être patiente ou nous attirerons l'attention."
"Mais Leylee peut revenir maintenant ?"
"Oui, maintenant ma chérie."

Caiomhe se redressa vivement, les yeux en larmes et le souffle court... Un vent froid et bien réel soufflait.
"Caiomhe ? Que se passe-t-il ?"
Leylee était là, elle l'avait éveillée... Stupide cauchemar...
"Ce n'est rien Leylee... juste un cauchemar... juste ça...", souffla-t-elle en serrant sa compagne très fort, "Désolée de t'avoir réveillée..."
Le jeune Elfe s'allongea à nouveau, se blottissant contre sa chère et tendre.
"Tu sembles un peu secouée...
"C'est rien Leylee... c'est juste que... je viens de réaliser que malgré tout ce qu'elle était... maman me manque..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Souvenirs confus et diffus...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Photos souvenirs d'une soirée extraordinaire
» Napoléon-Souvenirs.com
» [Blog] Souvenirs, souvenirs......
» Souvenirs... le mariage de Radichou ! tout un poème !
» Mes maigres souvenirs

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: LE RONAE :: Carnets de bord-
Sauter vers: